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Les chroniques d'Isabelle

Mon prénom.

Publié le
Vendredi 14 Février 2020, vu 131 fois

 

Isabelle : … version espagnole d’Elisabeth…sonorité légère… dernière syllabe évoquant la beauté féminine… prédisposée à une brillante carrière artistique… hypersensibilité…imagination débordante…grandes qualités créatives…artiste accomplie et authentique… passionnée capable de déplacer des montagnes pour arriver à ses fins… une vraie romantique … qui rêve d’un prince charmant… garde le contrôle en toutes circonstances.

 

Voilà ce que je lisais récemment sur un site internet consacré aux prénoms et à leurs significations. Vous me croirez ou non, je découvre tout cela ces jours-ci, grâce à Marie, une fois de plus, qui me proposait d’écrire une chronique sur le choix de nos prénoms. Je suis bien sûr très flattée de me retrouver aussi justement portraiturée !

 

J’ai en effet choisi mon prénom au moment de ma véritable « venue au monde », ou du moins de mon apparition « dans le monde » en tant que femme, à la fin des années quatre-vingts. Un monde fort restreint certes, à cette époque, aux contours d’un tout minuscule cercle d’intimes. Restreint dans la réalité, mais extrêmement étendu dans mon imaginaire. En tout cas, j’ai choisi ce prénom à l’époque en ignorant tout de sa richesse sémantique et symbolique. Il faut croire qu’il y a un peu de vrai dans cette sorte de « déterminisme inconscient » qui tente d’établir des liens entre une personne et le prénom qu’elle porte (à moins que cela ne soit l’inverse : un prénom et la personne qu’il porte… ?)

 

C’est d’abord sans doute l’évocation d’une de mes « idoles » d’enfance, la chanteuse Isabelle Aubret, puis sa musicalité qui m’ont fait choisir de m’appeler Isabelle. J’adorais en effet regarder et écouter chanter cette chanteuse à la télévision (en noir et blanc, je le rappelle !). Je crois bien me souvenir que je me disais en moi-même que je voulais être comme elle. Ce n’était toutefois pas aussi conscient que cela. Rien à voir avec le désir et l’affirmation d’être femme qui caractérisent mon évolution à l’âge adulte, ou à plus forte raison ma situation actuelle qui me permet d’être cette femme quasi quotidiennement ou durant de longs et merveilleux jours. Cette figure de mon enfance s’est sans aucun doute imprimée dans mon esprit, en tant que « modèle féminin », davantage peut-être que ne l’ont fait ma mère et ma sœur. J’ai porté furtivement et en cachette des robes et des jupes de ma mère ou de ma sœur au cours de mon enfance, mais je ne crois pas avoir rêvé d’être comme elles, pas même à l’époque du point de vue du genre. J’en ignorais tout, bien sûr, car le désir d’être véritablement (comme) une femme est venu progressivement bien plus tard.

 

Puis il y eut cette immense période d’empêchement qui a recouvert du voile de l’oubli ces premières aspirations féminines. J’ai perdu jusqu’à la trace de cette Isabelle primitive, entre la puberté et le début de l’âge adulte, ou, plus précisément, le début de ma vie active, loin de ma famille, dans la ville qui m’a révélé le sens de la liberté, sur tous les plans, au cours de mes premières années d’études supérieures.

 

Le temps est ensuite venu de son retour. Vers la trentaine, j’ai commencé à vouloir et pouvoir vraiment m’habiller en femme, à vouloir et pouvoir petit à petit paraître toujours plus femme, à vouloir parêtre femme. Avec le recul, je me rends compte qu’il est curieux qu’il ait fallu plus de dix ans, entre ma première robe achetée, mes premiers essais de maquillages et mon désir de porter aussi un prénom féminin. A vrai dire, je ne me souviens même plus dans les détails comment les choses se passaient avant Isabelle ! Aujourd’hui, je suis Isabelle !

 

Je me souviens d’avoir hésité un moment entre Michèle, Carole et Patricia. Isabelle s’est finalement imposée, comme une vraie évidence.

 

Je vivais en ce temps-là en location dans un appartement situé sous les toits, avec mansarde et tout et tout, au cinquième étage sans ascenseur. Mes années bohêmes, en quelque sorte. Ça, c’est pour le côté romantique (« …une vraie romantique… »). Le « prince charmant », qui va avec en principe, n’était pas en option. Ni même au programme ! Je me souviens de ce beau matin de printemps. J’étais dans ma cuisine, en jupe et t-shirt, et je me posais pour la première fois sérieusement la question de mon nom de femme, de mon prénom. Important quand même, le prénom (on en a fait une pièce de théâtre tout à fait extraordinaire !). Pourquoi avoir éprouvé ce besoin à ce moment ? C’est difficile de répondre simplement à cette question. Je pense que les choses arrivent. Elles se mettent en place, elles bousculent nos existences sans nous demander vraiment notre avis. Nous ne faisons peut-être que les y aider. C’est pourquoi je crois que le contexte est décisif : je venais de réussir le concours que je voulais absolument décrocher pour exercer dans les meilleures conditions possibles le métier que j’avais choisi dans ma jeunesse. Une nouvelle ère s’ouvrait à moi, avec une garantie d’emploi et des conditions de salaire intéressantes. Que je sois claire sur ce point : j’ai toujours voulu exercer un métier en rapport avec les arts pour pouvoir m’engager à corps perdu (?) dans des projets et tenter de créer quelque chose. Je l’ai fait, au-delà de mes espérances, jusqu’à la retraite. Je continue à le faire, ici même, en Isabelle, ce qui me comble de bonheur !

 

Je me doutais bien que j’allais avoir de gros besoins : je voulais m’habiller, me maquiller, me coiffer, me chausser selon mes goûts !  « Ma fille, me disais-je, si tu veux tenir ton rang, il va falloir mettre les bouchées doubles ! ». J’ai donc beaucoup travaillé (mais avec un vrai bonheur, mesdames : l’art, c’est mon oxygène, mon masque à oxygène, c’est mon bocal, ma bulle, c’est ma galaxie, mon multivers !), pour pouvoir beaucoup dépenser ! Au fond, libre de tout souci de devenir professionnel, j’ai commencé à me déployer. Dans mon métier comme dans mon intimité. Ma part féminine s’affirmait en même temps que mon développement professionnel s’enrichissait, se densifiait, s’intensifiait. En même temps et plus que parallèlement : je suis certaine en effet que ma part féminine nourrit profondément mes activités artistiques. Je voulais de plus en plus la vivre authentiquement. La nécessité de porter aussi un nom de femme s’imposait donc.

 

Jamais cependant je n’ai eu le courage de m’affirmer hors de mon cercle d’intimes, jusqu’à ces derniers mois. Je rêvais bien entendu très fréquemment de paraître en femme sur des scènes. J’imaginais des scénarios de spectacles. Le tout en secret, et comme dans les marges des spectacles ou des créations que je montais réellement. Une double vie, assurément. J’admire Golda, comme toutes ses semblables. Je l’admire plus encore depuis que je la découvre réellement : elle exerce ses arts avec cœur et passion en portant le prénom qu’elle s’est choisi, elle aussi en référence à des personnes qu’elle admire ; il y a Guilda, magnifique artiste de cabaret qui a fait une grande carrière au Canada…où Golda a vécu !...il y a Golda Meir… Vers la fin des années quatre-vingts, les chemins d’Isabelle se sont ouverts ce matin-là, dans une petite cuisine, sous les toits d’un logement, en même temps que s’ouvraient les chemins de mes parcours professionnels et artistiques. Ils se révèlent les uns et les autres d’une immense richesse !

 

Je viens de faire un sort à plusieurs qualités « isabelliennes » : « …prédisposée à une brillante carrière artistique…imagination débordante…grandes qualités créatives…artiste accomplie et authentique… ». L’Isabelle de mon enfance est revenue un beau matin s’installer dans ma vie. Je l’ai accueillie petit à petit. Elle cachait en effet une âme d’artiste qui s’est déployée et se déploie encore dans la musique, l’écriture et le dessin ! Aujourd’hui que je suis à la retraite, je vis plus authentiquement que jamais ma part féminine. Je suis Isabelle presque tous les jours. Mes passions artistiques se déploient comme jamais. L’espace et le temps sont ouverts. Ce prénom est la clef qui les a ouverts !

 

J’aurais pu féminiser tout simplement mon prénom masculin. Je ne l’ai vraiment pas « senti », comme on dit. Carole me plaisait bien. Patricia aussi. Mais c’est Isabelle qui a fait résonner en moi je ne sais quelle corde de mon « hypersensibilité » ! Isabelle était donc en moi avant que je le sache ! Je ne sais pas si elle m’a permis de « déplacer des montagnes ». Plus modestement, je dirais qu’elle m’a sans aucun doute beaucoup aidée à mener à terme certains projets un peu fous, ou en tout cas peu communs dans les sphères où j’ai évolué. Elle continue à me porter, plus que jamais, dans mes nouveaux projets, m’ouvrant encore de nouvelles perspectives. Je suis toujours prête pour de belles aventures artistiques et humaines. Je n’irai toutefois pas jusqu’à tenter de déplacer le massif des Vosges juste pour donner raison à mon prénom ! Qu’on se le dise du côté d’internet !

 

Je n’insiste pas sur la légèreté de la sonorité. Ni, encore moins, sur la beauté féminine évoquée, suggérée par la dernière syllabe de mon prénom. « La beauté ne se mange pas en salade ! », ai-je toujours entendu dire dans mon enfance.

 

Reste le côté espagnol (« …version espagnole d’Elisabeth… ») : pas de racines espagnoles dans la famille. Aucune autre Isabelle non plus, de quelque côté que je me tourne ! Et pourtant : j’adore les robes flamenco…et je pratique avec passion…la guitare !

 

Le prénom ! Celui que nous recevons, et peut-être plus encore celui que nous nous choisissons, nous autres à l’âge adulte, répondant en cela le plus souvent à une impulsion, à un besoin intérieur, c’est une couleur, c’est une note qui vibre au fond de nous, au fond de chacune d’entre nous. C’est cette vibration, inexplicable et incontrôlable (même pour une Isabelle sensée « garder le contrôle en toutes circonstances… » !), qui nous fait choisir ce prénom. Autant dire que c’est lui qui nous choisit !

 

En tout cas lorsque je me penche sur cette question, aujourd’hui, bien des années plus tard, à la demande de Marie (j’y insiste, c’est si important à mes yeux !), je comprends qu’il en a été ainsi pour moi.

 

Je comprends et je n’en reviens pas !

 

Et vous, comment avez-vous choisi votre prénom féminin ?

 

Bises,

Isabelle

 



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